La Provence : des élus de la région roulent pour leur département

Les parlementaires du Collectif Jamais sans mon département

Des parlementaires contre la refonte des plaques d’immatriculation

Richard Maillé, au centre avec la veste beige, mène la campagne pour sauver le numéro du département sur les plaques d’immatriculation des véhicules.

Jamais sans mon département”. Voilà le cri du coeur d’un collectif de parlementaires qui revendique déjà 169 membres. Ces députés et sénateurs n’entendent pas “plaquer” le numéro de département sur les plaques d’immatriculation. Le gouvernement entend mettre en service, au 1er janvier 2009, de nouvelles plaques minéralogiques (deux lettres-trois chiffres-deux lettres, selon le modèle AA-123-AA) en raison, selon le ministère de l’Intérieur, d’une “prochaine saturation” du système d’immatriculation actuel.

Qu’ils soient du “04″, du “84″ ou encore du “13″, des élus de la région, de gauche ou de droite, membres du collectif, Richard Maillé en tête, expliquent pourquoi ils ne veulent pas perdre leur identité régionale.

Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône

“Nous avons lancé le collectif “Jamais sans mon département” il y a un mois avec un seul objectif: obtenir que le numéro de département sur les nouvelles plaques soit, non pas facultatif, mais obligatoire. C’est d’abord une question d’affect: une large majorité de Français se disent très attachés au numéro de leur département et ne veulent pas le voir disparaître. Et puis c’est encore le meilleur moyen de savoir d’où viennent les gens que l’on croise sur la route.”

Roland Blum, député UMP des Bouches-du-Rhône

“Je voudrais préciser que cela ne fait pas partie des choses fondamentales en ce moment contrairement à la réforme des ports ou des institutions. Cela dit, le fait de pouvoir identifier l’origine des automobilistes par leur plaque d’immatriculation est une vieille tradition en France. Une tradition sympathique que l’on enlève comme cela, sans raison valable. En ce moment, la France a besoin d’autres réformes que celle-là.”

Dominique Tian, député UMP des Bouches-du-Rhône

“L’idée de Richard Mallié de s’y opposer est intéressante. Notre monde est de plus en plus uniformisé et, au moment où l’on adopte la reconnaissance des langues régionales, où on décentralise de plus en plus, où l’identité régionale est de plus en forte, notre administration enlève un pan de notre histoire avec ces fameux numéros de département. Pour l’anecdote, j’avais un scooter immatriculé 13 à Paris et c’était sympathique d’entendre des “Oh, Marseillais, comment ça va?”. En France, l’administration manque d’imagination et surtout on ne peut pas discuter avec elle.”

Christian Kert, député UMP des Bouches-du-Rhône

“Cela peut paraître un sujet secondaire mais pour moi, le numéro du département a une vertu pédagogique. Il aide les jeunes à se situer dans leur territoire. De plus, à l’heure où la Constitution reconnaît les langues régionales, il paraît fou de gommer le 13 des plaques.”

Daniel Spagnou, député UMP des Alpes-de-Haute-Provence

“Je m’élève contre ce projet! Je souhaite qu’on laisse le numéro du département car c’est notre identité. C’est un repère pour chaque département, surtout pour les départements ruraux comme les nôtres. Je vais me battre à l’Assemblée pour faire en sorte que l’amendement ne soit pas voté. On n’a qu’à laisser tel que c’est! Quant au petit “04″ que l’on nous promet sur le côté des nouvelles plaques, on ne le verra pas! Nous voulons que les plaques restent telles qu’elles sont!”

Jean-Louis Bianco, député PS des Alpes-de-Haute-Provence

“Je ne comprends pas les raisons techniques qui poussent à vouloir instaurer un nouveau système d’immatriculation, c’est complètement absurde. S’il s’agit de faire des économies, je pense que l’on peut en faire ailleurs! C’est comme si nous perdions un morceau de notre terroir. Il est bon de conserver son identité et les plaques minéralogiques en font partie tout comme le provençal ou les monuments dans une autre mesure. L’homme moderne doit être tourné vers l’avenir et tout en étant profondément européen, il peut être aussi attaché à ses racines.”

Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse

“Je ne vois pas en quoi l’harmonisation des plaques d’immatriculation va faire avancer la construction européenne. Se battre sur un taux de TVA commun ou des normes environnementales cela permet d’avancer, s’occuper d’un petit détail comme celui-là qui touche de surcroît à l’affectif des citoyens, non.”

Claude Haut, sénateur PS du Vaucluse

“Si le Vaucluse était le seul département à s’émouvoir (le conseil général a voté une motion pour l’apposition du numéro84 sur la plaque) je dirais on est chauvin. Mais la réaction est la même dans tous les départements. Il faut que l’État propose une décision claire afin que chacun ne fasse pas n’importe quoi dans son coin et que chaque préfecture accorde ou non d’apposer le numéro du département. Les citoyens sont attachés à leur numéro de département. Il n’y a pas de honte à être fier d’être vauclusien.”


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Commentaires

  • GRAND dit :

    Il aurait été bien plus simple d’inverser les plaques actuelles:N° de département en tête, puis 3 lettres, puis 4 chiffres! 84AAA0001 !
    Merci M.MARIANI et votre groupe UMP !

  • BOURGEOIS dit :

    Si vraiment il y a risque de saturation, il suffirait de remplacer les chiffres du début par des lettres, de manière à ne garder les chiffres que pour le département, voire même de mettre des lettres et des chiffres mélangés dans les deux premières parties (mais cela serait plus difficile à retenir). Les deux cas permettraient de multiplier les possibilités d’immatriculation. Les arguments avancés par le gouvernement sont donc fallacieux.
    Continuez votre combat !

  • Henri Bet dit :

    Et les élus de la Savoie ?….
    Ils en disent quoi ?
    Absents du débat ?…..
    Merci Mesdames, merci Messieurs !….
    HB

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