La Nouvelle République du Centre-Ouest : la disparition du “37″

On ne pourra plus dire : « Tiens, encore un Parisien ! » Ou sourire en croisant un des siens à l’autre bout de la France. La disparition du 37 sur la plaque d’immatriculation conduit à perdre son identité géographique et culturelle, selon des élus.

Alors, la disparition du « 37 » sur nos plaques ? Il y a ceux qui n’en feront pas un combat, comme François Lafourcade, adjoint Vert de Tours : « Cela fait partie de notre identité culturelle, mais, pas de nostalgie, je me moque un peu de ce débat ! » Jean-Jacques Filleul, le maire de Montlouis : « La circulaire européenne va dans le bon sens. Elle va alléger les actes administratifs. Qu’on supprime les numéros de département ne me dérange pas, donc, mais je milite pour l’autocollant qu’on collerait comme repère, derrière sa voiture » J.-J. Filleul, toutefois, regrette « qu’on n’apprenne pas plus les départements à l’école ».
Bernard Mariotte, conseiller général de Vouvray : « Quand on n’aura plus que cela comme souci, c’est que tout ira bien ! Les Britanniques n’ont pas de numéros de département et s’en portent bien. Ce numéro permet de se reconnaître, oui, en vacances, d’échanger un sourire, mais aussi des insultes parfois, contre les Parisiens par exemple ! »
Il y a ceux que cette mesure agace. Claude Roiron, présidente PS du conseil général : « On adhère à l’association Jamais sans mon département. J’y tiens, à notre 37 ! Trente-sept, comme le nombre de conseillers généraux en Indre-et-Loire, d’ailleurs ! » François Bonneau, président PS du conseil régional : « C’est un vrai plaisir d’identifier le département de chacun. Cela évoque des souvenirs, des paysages, des désirs de voyages ! C’est notre identité géographique. Cette mesure est une réforme technocratique inutile ! »
Patrick Bourdy, vice-président à la culture du conseil général : « C’est important d’appartenir à un territoire humain. Voudrait-on supprimer les départements ? Je suis contre toute uniformité ! » Le premier adjoint et conseiller général de Saint-Cyr, Jean-Yves Couteau : « C’est une connerie, et, une nouvelle fois, une atteinte à nos racines. On ne pourra plus se faire un petit coucou entre 37, sur les routes de France et d’ailleurs, dommage ! »

“ On va tomber dans l’anonymat ”

Mélanie Fortier, conseillère régionale : « Ce numéro appartient à notre culture, est un petit signe de reconnaissance sympa. Comme tous les gamins, en voiture avec les parents, on s’amusait à trouver les noms des départements. » Alain Bénard, maire de La Ville-aux-Dames : « Quand on croise sur nos terres un automobiliste en difficulté ou hésitant, et que l’on constate, grâce à son numéro, qu’il n’est pas d’ici, on est plus cool, plus courtois et même prêt à l’aider, l’accueillir. En vacances, dans les campings par exemple, c’est un moyen d’identification qui permet de communiquer et sympathiser. Ce n’est pas chauvin de dire qu’on perd de son identité en perdant ce numéro sur sa plaque. »
Marie-France Beaufils, sénatrice-maire PC de Saint-Pierre-des-Corps, « ne comprend pas la raison de cette disparition. Ce numéro, c’est comme le code postal, on en a besoin. C’est un repère géographique ». Toutefois, dit-elle, « il y a plus grave ! »
La conclusion à Marie-Dominique Boisseau, conseillère générale de Joué-lès-Tours : « Ces numéros occupaient nos voyages, on s’amusait à les reconnaître, avec les enfants. On va tomber dans l’anonymat. » Olivier POUVREAU


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