Le point de vue d’une bloggeuse : Polémos : un débat à côté de la plaque ?
Débat à côté de la plaque
J’écris cette note en écoutant un débat sur France Inter à propos de la modification des plaques minéralogiques. On prévoit donc de garder la même plaque à vie pour la caisse, peu importe qu’elle change de proprio et de départements. J’ai beau être de gauche, moi je ne vois pas le souci d’une mesure qui éviterait des lourdeurs administratives et des coûts parfaitement inutiles. Mais la manière dont Gérard Gachet, porte-parole du ministère de l’Intérieur, argumente pour dire que les Français ne sont pas aussi contre que semble le dire les sondages (70 % défavorables) est proprement stupéfiante. Voilà ses arguments :
- Les Français étaient contre car ils ont cru que c’était une directive de Bruxelles. Or, depuis qu’on leur a bien espiqué que Bruxelles n’a rien à voir là -dedans, l’opinion défavorable a baissé de deux points.
J’hallucine, là : le gars est en train, tranquillement, d’assimiler “directive européenne” à “grosse connerie qui nous veut du mal”. Et on s’étonne qu’on vote “non” aux référendums ! Mais qu’est-ce que ces gens ont dans la tête !
- Deuxio : on pourra toujours mettre, de façon otionnelle, le numéro d’un département sur sa plaque. Et tenez-vous bien : pas forcément celui où vous habitez, mais “celui de votre coeur”. Exemple : un Corse vivant sur le continent pourra affirmer “sa corsitude” (rires) et montrer son attachement à sa région d’origine en mettant le numéro en petit sur sa plaque.
Mais on rêve ! Faire accepter la disparition du numéro de département en jouant sur le nationalisme régionaliste, fallait oser ! C’est carrément honteux, nom de nom !
Voilà un exemple magistral de démagogie : au lieu d’expliquer rationnellement le bien-fondé d’une telle mesure, on instaure un petit amendement permettant de flatter les instincts franchouilles du Français moyen.
Prend-on les Français pour des cons ? On se le demande : un auditeur appelle pour témoigner, et s’insurge d’abord nettement contre la mesure (”Moi j’vois pas pourquoi on m’enlèverait mon département de dessus ma plaque, non mais”) et continue en proposant… que le numéro de département pourrait être mis sur un autocollant sur la carosserie de la voiture, ce qui permettrait les économies du changement de plaque tout en permettant à chacun de garder son identité départementale bien visible.
Philipe Bertrand - le journaliste- part d’un fou rire et lui lance :”Bon, donc vous êtes contre le principe, mais pour économiquement ?”
Et l’auditeur de répondre : “Ben oui, je suis un pragmatique”.
…
Voilà qui résume bien les débats à la française : on est contre, par principe. On s’insurge, en disant qu’on veut assassiner … quoi, d’ailleurs, on ne sait pas. La tradition ? L’identité française ? Qu’est-ce qui est en jeu dans cet “attachement aux départements” dont perso je n’avais jamais entendu autant de manifestations larmoyantes avant cette histoire de plaques ? Les débats sont biaisés par le refus viscéral qu’on touche aux choses établies, pasque c’est pas bien (argument entendu chez le deuxième auditeur qui intervient…) ; du coup, la législation française procède par palimpsestes, et au final, ça devient un grand n’importe quoi.
Bon, en même temps, moi, j’ai pas le permis de conduire, alors bon, leurs plaques, qu’ils se les customisent comme ils veulent, au final.
Le site de l’autre intervenant de l’émission, Richard Mallié : Jamais sans ma plaque… Tout un programme qui sent bon sa bonne vieille France, là aussi.
Retrouvez cette article et ces différentes réactions sur le site de Polemos.
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pourquoi changer les plaques
pour faire depenser de l’argent aux francais
que l’on nous donne lzs vrais raisons
vandamberg