La voix du nord : sur les plaques d’immatriculation on ne “touche pas à mon 62″ !
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arras@lavoixdunord.fr PHOTOS SAMI BELLOUMI
« Le 62, c’est nous ! » Le Pas-de-Calais, fer de lance d’un mouvement de protestation, avait donné de la voix pour conserver son numéro fétiche. Sous l’impulsion du président du conseil général, Dominique Dupilet, une campagne « Touche pas à mon 62 ! » avait même vu le jour. Et le département n’était pas le seul à défendre ses couleurs. Dordogne, Essone, Isère, ils étaient tous réunis au sein du collectif « Jamais sans mon département ». Le message était clair et le gouvernement prévenu : les députés n’auraient pas laissé l’exécutif effacer l’indice sur les plaques d’immatriculation. L’association s’est battue pendant près d’un an pour faire valoir ce droit. L’affaire, qui a fait grand bruit dans les médias, s’est achevée sur une victoire des élus.
Le gouvernement a donc fait marche arrière. Le 28 octobre dernier, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, a en effet annoncé le retour du numéro départemental sur les futures plaques minéralogiques. Pour Dominique Dupilet, cette « reculade du pouvoir central » est une « reconnaissance explicite de l’attachement des Français à leur département ». Un point de vue partagé par Catherine Génisson, député et vice-présidente du conseil régional : « C’est une mesure mineure dans le contexte économique et social actuel, mais c’est une victoire qui me fait plaisir. » Le numéro apparaîtra donc à droite de la plaque, avec le logo de la région.
D’autres modifications sont prévues par le nouveau système d’immatriculation des véhicules (SIV). Notamment l’envoi des cartes grises directement à domicile. Un vrai progrès, qui inquiète toutefois Éric Mégret, gérant de Chronoplak, une entreprise qui fabrique et pose des plaques d’immatriculation.

Situé idéalement en face de la préfecture, le patron a peur de perdre des clients : « Les gens qui habitent à trente kilomètres risquent de ne plus venir me voir. » Éric Mégret reste pourtant content du revirement de situation. « C’est une bonne chose. On est attaché au département. » Mais derrière la bataille des numéros se cache un conflit d’une autre envergure. À l’heure d’une révision générale des politiques publiques, les élus craignent la disparition des départements sur l’autel des économies. « L’appartenance à un terroir (…) est une marque d’exigence citoyenne que le gouvernement devrait mieux prendre en compte à l’heure où il s’engage dans la voie périlleuse d’une réforme de la géographie administrative et politique » explique Dominique Dupilet qui s’est déjà lancé à la défense de son territoire. •
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