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«Ils sont remontés comme des coucous !». Le dédain avec lequel le ministère de l’Intérieur a commenté la conférence de presse du 4 juin du collectif des 180 parlementaires qui demandent le maintien «visible» du numéro de département sur les futures plaques d’immatriculation a froissé les militants de cette cause. Le fondateur du Club “Jamais sans mon département”, qui accompagne la démarche des élus, confirme que le combat va s’intensifier.
“Outre le symbole d’attachement à un territoire, le numéro de département sur les plaques est un éléme
nt important pour les professionnels de la sécurité publique”
Pourquoi vous êtes-vous lancé dans le combat des parlementaires pour le maintien du numéro de département sur la plaque d’immatriculation ?
Nos activités de communication et de lobbying au service de nos clients nous ont amenés à fréquenter de près les institutions, organisations et collectivités publiques et, au-delà, les terroirs. Nous sommes donc très attachés à la diversité de nos territoires, à la richesse de notre patrimoine, et la nécessité de valoriser les diversités. Dans cet esprit, dès que le député des Bouches-du-Rhône Richard Mallié a créé un collectif parlementaire afin de conserver, de façon visible, les numéros des départements sur les plaques d’immatriculation, j’ai décidé d’accompagner son combat parce qu’il me semble être légitime et salutaire. J’ai créé le Club “Jamais sans mon département parce qu’il me paraît aberrant que, d’un coup de baguette magique, le ministère de l’Intérieur efface l’attachement profond de la population à son terroir.
Dans un souci d’harmonisation européenne, l’immatriculation a besoin d’une réforme. Que proposez-vous pour conjuguer cette nécessité de réforme et votre demande ?
Nous ne sommes pas opposés en tant que tel au nouveau Système d’immatriculation des véhicules (SIV) qui va être mis en place au 1er janvier 2009, pas plus que le Club n’entrevoit derrière la réforme la volonté du gouvernement du supprimer les départements, même si des élus adoptent ce positionnement. Nous ne nous situons pas non plus dans le registre de l’opposition du département à la région ou à une autre entité administrative. Nous défendons le département et son numéro parce que celui-ci constitue un repère local essentiel. Les fonctionnaires de police ou la Gendarmerie ne le diront pas et ne s’exprimeront certainement jamais à ce sujet mais il est établi que, dans les délits de fuite, les témoins oculaires relèvent quasi systématiquement, prioritairement, le numéro du département, ce qui facilite considérablement les investigations et l’identification. De même, les maires, pour connaître l’origine des visiteurs qui transitent ou séjournent dans leurs communes, pratiquent toujours la bonne vieille technique du recensement oculaire et de l’arithmétique. Leurs services relèvent les numéros de département sur les plaques des voitures et les totalisent. Même s’il devait y avoir des projets de fusion du département dans
la région ou le pays, nous demanderions de la même façon le maintien du numéro du département pour toutes ces raisons objectives.
Le mouvement est lancé, de nouveaux élus rejoignent le collectif. Jusqu’où entendez-vous aller ? Quelles actions allez-vous engager pour poursuivre ce combat ?
Avec le collectif parlementaire, nous voulons aller jusqu’au bout, c’est-à-dire, garder le numéro de département visible, c’est-à-dire dans sa taille actuelle, sur les plaques. Nous demandons pour cela la suspension de la mise en place du SIV et une rencontre avec le ministère de l’Intérieur afin qu’il étudie notre demande. Nous avons effectué des simulations sur ordinateur du maintien du numéro du département tout en acceptant la nouvelle combinaison de chiffres. Franchement, c’est parfaitement possible. Nous avons créé le site Internet du Club, qui invite tout citoyen à exprimer sa position en faveur du numéro de département ; selon un sondage de mai dernier, sept Français sur dix en sont partisans. Nous avons édité un journal, nous allons en publier un nouveau numéro. Les élus vont poursuivre les actions qu’ils ont amorcées. Le dédain avec lequel les représentants du ministère de l’Intérieur ont qualifié leur action -«fantasmes», «caricatures»- les a dévalorisés et encouragés à ne pas baisser leur garde. Ils vont donc accentuer leurs actions. Comme certains l’ont déjà fait, ils invitent leurs collègues à se réunir devant leur préfecture en se présentant avec la plaque portant leur nom et le numéro de leur département. Pendant tout l’été, les maires qui approuvent ce combat sont invités à faire figurer sous les panneaux de signalisation de leur commune le numéro de leur département.
La révision du mode d’immatriculation dans un souci d’harmonisation européenne est une chose. Comme souvent, que des technocrates arrêtent la réforme sans concertation et sans prendre en compte les conséquences qu’elle peut entraîner est inacceptable. Contrairement à ce que veut laisser entendre le ministère de l’Intérieur, ce n’est pas un combat ringard ou d’arrière-garde. Comme l’a résumé le député Maillé en une phrase que le Club a repris en guise de slogan, “c’est une histoire de cœur et de convivialité, de mémoire et de fidélité ; une histoire française”.
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