16 – La Charente entre dans la guerre des plaques avec Marie-Line Reynaud

La Charente entre dans la guerre des plaques

Marie-Line Reynaud, première parlementaire  										à se lancer  										dans la guerre  										des plaques,  										a envoyé  										une lettre  										aux 99 maires de sa circonscription  										• photo Romain Perrocheau
Marie-Line Reynaud, première parlementaire à se lancer dans la guerre des plaques, a envoyé une lettre aux 99 maires de sa circonscription • photo Romain Perrocheau

La suppression des numéros de département sur les plaques minéralogiques fait des vagues jusqu’en Charente. Une députée se lance dans le «combat»

Frédéric BERG

Un numéro qui lie chaque automobiliste charentais à son département depuis près de soixante ans. Un numéro qui pourrait disparaître avec la réforme du système d’immatriculation des véhicules qui doit s’appliquer le 1er janvier prochain (lire encadré). Et si certains départements ont carrément déclaré la «guerre» à cette réforme depuis plusieurs mois, la Charente a mis du temps à rejoindre la fronde nationale. «Au rythme de la cagouille…» ironisent certains politiques qui avouent avoir «un peu de mal» à se passionner pour cette affaire.

Michel Boutant, président du conseil général, avait pourtant sonné la charge au mois de janvier dans nos colonnes: «Cette décision de faire disparaître les numéros historiques des départements frise le scandale. Il y va de notre identité. Tous, quand nous étions jeunes, nous avons appris les départements comme ça, en voyageant et en croisant les voitures [...] Je suis prêt à me battre pour garder le 16.»

En fait de combat, le président du Département comme les élus charentais n’ont pas – encore – rejoint le club «Jamais sans mon département» (1) qui regroupe à ce jour 192 parlementaires toutes tendances confondues. Une seule Charentaise, Marie-Line Reynaud, a sauté le pas. La députée vient même d’envoyer une lettre aux 99 maires de sa circonscription en leur proposant d’adhérer au club, de faire voter une délibération ou un vÅ“u par leur conseil municipal et de relayer une pétition de soutien destinée aux habitants.

«Revendiquer notre identité»

Le but est simple: lever une armée d’«anti» pour faire plier le ministère de l’Intérieur à l’origine de la réforme. Pour eux, le nombre du département est une «marque d’appartenance», une «partie du patrimoine culturel», un «repère inscrit dans le paysage mental» des Français. «Je ne suis pas contre la réforme qui est nécessaire mais je suis farouchement contre la suppression du numéro du département. Je ne vois pas bien l’intérêt et surtout j’estime que c’est important de garder ce clin d’Å“il à un territoire», défend Marie-Line Reynaud qui a accepté d’adhérer à une «mobilisation transpolitique». «Il y a un vrai côté affectif et puis c’est aussi une façon de dire qu’on est contre l’uniformisation surtout quand on entend des bruits sur la suppression des départements. On revendique notre identité.»

La députée charentaise fait valoir que «le numéro permet aux automobilistes d’un département de se reconnaître lorsqu’ils circulent dans le pays ou à l’étranger». Lors d’un récent voyage en Croatie, Marie-Line Reynaud a ainsi glissé un petit mot sous l’essuie-glace d’une voiture estampillée «16».

Les autres parlementaires comprennent bien «l’émotion» qui parcourt une bonne partie de la population (lire ci-dessous) mais ils n’ont pas l’intention s’engager formellement à l’exception d’Henri de Richemont, sénateur UMP. Il est contre la suppression du numéro du département mais ne connaissait pas encore l’existence du collectif.

«Pas une affaire d’État»

Jean-Claude Viollet, lui, ne signera pas: «C’est vrai c’est une longue et vieille histoire mais on est clairement aux limites du système actuel. Pour autant est-ce que c’est une plaque d’immatriculation qui construit l’identité d’un département. Je pense que la Charente a d’autres atouts à faire valoir qu’un nombre.»

Le député préfère retenir «la simplification administrative» du futur système, une «meilleure traçabilité» du véhicule et surtout il estime qu’il y a des choses plus importantes: «Autant des éléments sur les libertés posent problème actuellement autant cette affaire n’est pas cruciale.» Martine Pinville, autre députée est sur la même longueur d’onde: «ça bouscule nos habitudes et c’est un pas de plus vers l’uniformisation mais ce n’est pas le sujet le plus urgent.» Jérôme Lambert se dit «plus que sceptique» sur les futures plaques et «favorable au maintien du numéro du département» mais n’y voit pas une «affaire d’État»: «Ce serait sans doute beaucoup plus important et urgent de baisser le prix du litre de gazole de 50 centimes.»

Soit, mais le «combat» initié par des élus du tous bords et relayée en Charente par Marie-Line Reynaud commence à porter ses fruits. Dans un premier temps, le ministère de l’Intérieur a assuré que les automobilistes pourront faire inscrire le numéro du département sur leur plaque s’ils le désirent. «Trop petit pour que les caractères soient lisibles», rétorquent les opposants au projet. «On a bon espoir de faire infléchir le politique», assure Sébastien Moulinat, un des responsables de l’agence Com’publics, spécialisée notamment dans les «lobbies éphémères», à l’origine de la création de «Jamais sans mon département». Il espère rapidement «un compromis qui puisse satisfaire tout le monde».

(1) www.jamaissansmondepartement.fr

Frédéric BERG
Charente Libre

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Commentaires

  • Bulan dit :

    JE SIGNE DES DEUX MAINS POUR LE MAINTIEN DES N° DE DEPARTEMENTS SUR NOS PLAQUES MINERALOGIQUES

  • Bruno dit :

    Pour des raisons professionnelles j’ai toujours circulé avec une voiture immatriculée en région parisienne 92. Ce qui me vaut fréquemment des coups de klaxon. Mais lorsque j’emprunte la voiture de ma femme qui est en 16, personne ne me klaxonne. Ainsi, les futures plaques me permettront de circuler sans être agressé inutilement.
    J’irai plus loin, car à l’heure européenne, il est temps de supprimer le département !

  • pocketdemer dit :

    il faut tous se battre afin de préserver notre identité. on nous à déjà enlever notre monaie nationale, maintenant on veu nous enlever le numéro de notre département alors que de nombreuses génération sont parties en vacances et pour occupé les enfants ont jouer à trouver les département. si ça continu bientôt on ne pourra même plus s’appeler “charentais “ou même je vais aller plus loin “français”.

  • AUDIGIER GUY ET REGINE dit :

    QUAND ON AIME SON DEPARTEMENT, ON EST FIER DE LE MONTRER AVEC SON IMMATRICULATION
    (16) POUR LA CHARENTE !
    CELA N’EMPECHE PAS D’ETRE CHARENTAIS ET FRANCAIS DE TOUT COEUR A LA FOIS !

    ET IL EN EST DE MEME POUR TOUS LES AUTRES DEPARTEMENTS J’EN SUIS CERTAIN !

    GUY

  • Eric dit :

    Le numéro de département est un sigle identitaire que l’on voudrai faire disparaitre. Pourquoi ne pas faire une numérotation européenne tant que l’on y est ?
    Je rejoins “pocketdemer” et suis entièrement de son avis !
    Il faut montrer aux politiques que l’on en a assez de cette mini dictature qui s’occupe plus du bon plaisir de “l’Europe” que des français…

  • Gérard dit :

    Lors des déplacements, le N° du département sur le véhicule est un signe de reconnaissance.
    En voyages, il rompt l’isolement en provocant les contacts.
    Gardons notre signe de reconnaissance !

  • LEDANOIS dit :

    Soutien total à la députée Marie-Line REYNAUD 16 (Sacré clin d’oeil à la voiture Renault 16). Outre la bonne blague, comment montrer plus sévèrement à nos hauts fonctionnaires formatés à des principes insipides qu’ils commencent vraiment à nous fatiguer de leurs élucubrations à 1 Euro. Notre plaque actuelle est un signe d’existence et de reconnaissance. C’est essentiel à fortiori actuellement où tout est devenu normalisation.

  • Tuning19 dit :

    Certes,il y a des choses plus importantes,mais comme en parlent certains,le numéro de dpt fait plus”convivial”quand on voyage(une tite anecdote,je suis corrézien et lors d’un retour de vacances en famille en Vendée(85),au début du trajet,un”cantalou”(15,un de nos dpt voisins)roulait derrière nous et a reconnu notre plaque,on a roulé quelques kms ensemble,et quand nous nous sommes séparés,appels de phares et klaxon,avec les futures plaques,ce ne serait sûrement pas arrivé……);de toute façon,comme le système actuel,le”futur” arrivera au bout et faudra bien trouver autre chose…..Dans le journal,je lisais que le gouvernement(enfin ceux qui y ont pensé)avait proposé ça car le”système de gestion des cartes grises arrivait à saturation”,peut-être,mais je pense aussi et surtout à un gros”foutage de gueule”(ou comment nous prendre pour des cons,ce que le gouvernement fait très bien…..)…..Si les futures plaques arrivent,moins de”convivialité”,ça fera qu’une chose de plus dans le quotidien monotone,morne et grisâtre du paysage(du moins automobile)français……..Français,mais pas fier de l’être…….

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